Lutte contre les pollutions marines : un exercice grandeur réelle pour se préparer

 
 
Lutte contre les pollutions marines :  un exercice grandeur réelle pour se préparer

Dans le cadre de l’entraînement des équipes chargées de la mise en œuvre des dispositions spécifiques de pollution maritime (Polmar-Terre) liées au plan ORSEC, un exercice a eu lieu le jeudi 25 février 2016, sur la Marina de Pointe-à-Pitre.

Contexte

Les catastrophes maritimes comme l’ « Erika » en 1999 suivies du « Prestige », du « Ievoli Sun », de l’ « ECE » ou encore du « TK Bremen » sans oublier tout récemment le « Modern Express » conduisent les autorités à anticiper ce genre d’événement afin d’être le plus efficace possible en cas de pollution avérée.

La lutte contre les pollutions marines (POLMAR) par hydrocarbures s’associe aux dispositions spécifiques POLMAR-Terre du plan ORSECOrganisation de la Réponse de Sécurité Civile de la Guadeloupe qui s’appuie sur un atlas de sensibilité du littoral et inventorie les sites sensibles à protéger en définissant les mesures à prendre ainsi que les moyens à mettre en œuvre.

Quel que soit le niveau de la pollution, la commune ou la communauté de communes ou d’agglomération reste l’échelon de proximité incontournable dans la mise en œuvre des premières mesures et des moyens.

En cas de pollution de grande ampleur, la disposition spécifique POLMAR-Terre du plan ORSECOrganisation de la Réponse de Sécurité Civile peut être activée et mobiliser des moyens extra départementaux.

L’exercice des 23, 24 et 25 février 2016 s’inscrit dans cette logique fondamentale.

Plusieurs réunions de concertation associant les services de l’État, les collectivités, les institutions intéressées, les professionnels et les autres acteurs concernés, ont été organisées en amont afin de préparer l’exercice.

Une formation des participants a été dispensée les 23 et 24 février au Centre Interdépartemental de Stockage et d’Intervention POLMAR de Guadeloupe et des Îles du Nord – Saint-Martin et Saint-Barthélémy – de la Direction de la Mer de la Guadeloupe. Lors de cette formation, il y a été présenté les techniques de ramassage, les matériels spécifiques utilisés et leurs modalités de mise en œuvre. Les principes de l’ORSECOrganisation de la Réponse de Sécurité Civile Pollutions Marines ont également été rappelés aux acteurs locaux.

Cette formation a été dispensée par le CISIPGCentre interdépartemental de stockage et d’intervention Polmar Terre de Guadeloupe en partenariat avec le CEDRECentre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) et le CEREMACentre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).

Scénario et lieu de l’exercice du 25 février 2016

Le scénario prévoyait un incident
bac stockage
sur un site de stockage de pétrole entrainant le déversement en mer de produits pétroliers lourds. Pour faire face à une nappe d’hydrocarbure dérivant vers l’entrée de la Marina de Pointe-à-Pitre, l’autorité préfectorale décide de mettre en œuvre le dispositif spécifique ORSEC POLMAR-Terre et ordonne la mise en œuvre des matériels de lutte contre les pollutions marines par hydrocarbures du centre interdépartemental de stockage et d’intervention POLMAR de Guadeloupe (CISIPG) de la direction de la mer, conformément au plan de pose prévu dans le dispositif de protection.

Les moyens mis en œuvre représentent plus de 200 mètres de barrages offshore (17 kg au mètre linéaire), des moyens de pompage et stockage associés mais aussi 8 navires dont le baliseur « Kahouanne » de la direction de la mer de la Guadeloupe, qui grâce à ses capacités de levage mettra en œuvre les coffres d’amarrage intermédiaires.

Près de deux cents acteurs sur le terrain sont gérés par le PCO (Poste de Commandement Opérationnel) activé par le SDIS971 en association avec les communes concernées dans ce scénario (Gosier, Pointe-à-Pitre et Baie-Mahault). Ils sont encadrés, en termes de sécurité, par les agents du CISIPG.

Objectifs de l’exercice

L’objectif numéro un de cet exercice de très grande ampleur est de valider le plan de pose de protection de la Marina de Pointe-à-Pitre, site sensible « protégeable » selon les modèles informatiques mais qui nécessite un déploiement in situ des matériels compte tenu des courants moyens et de la houle.

Le 25 février, la cellule de crise est effective en préfecture et la chaîne de commandement jusqu’à l’intervenant préalablement formé sont actifs sur l’exercice qui débute vers 6h du matin pour se terminer vers 16h.

De ce fait, les principales étapes de cet exercice sont de :

  • Vérifier que les consignes prévues dans le volet POLMAR-Terre du plan départemental ORSECOrganisation de la Réponse de Sécurité Civile sont opérationnelles.
  • Tester le plan de pose théorique du barrage incluant le pompage du polluant, le stockage et son évacuation.
  • Former le personnel de l’État, des communes, du SDISService Départemental d'Incendie et de Secours et autres intervenants sur la mise en œuvre des chantiers dans le cadre POLMAR-Terre.
  •  Tester le tri, l’évacuation et le devenir des déchets récupérés.

Principaux acteurs ou intervenants

Préfecture de Guadeloupe ; Sous-Préfecture de Pointe à Pitre ; Direction de la Mer de la Guadeloupe ; Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de la Guadeloupe ; Armement des Phares et Balises (Direction des Affaires Maritimes) ; CEREMACentre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement ; CEDRECentre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux ; Commune de Pointe-à-Pitre ; Commune du Gosier ; Commune de Baie-Mahault ; Marina de Pointe-à-Pitre ; Grand Port Maritime de Guadeloupe ; SDISService Départemental d'Incendie et de Secours ; Entreprise de transport.