Le curvomètre : un banc d’essai portatif pour mesurer la vitesse maximale des deux-roues

 
 
Le curvomètre : un banc d’essai portatif pour mesurer la vitesse maximale des deux-roues

En Guadeloupe, les gendarmes sont désormais équipés d’un curvomètre pour tester la vitesse réelle des scooters et des cyclomoteurs. Près du tiers des tués sur les routes de l'archipel concernent des conducteurs de deux-roues motorisés.

Depuis le début de l’année sur les 43 tués sur les routes du département, 14 étaient des conducteurs de deux-roues motorisés. Les scooters sont des engins peu adaptés pour des grandes vitesses, ce qui augmente les risques d’accident et leurs conséquences. Refusant ce constat, les services de l’État continuent de mener de front des actions de sensibilisation et de contrôle des comportements à risque. C’est dans ce cadre qu’un nouveau matériel est désormais en service en Guadeloupe. Il s’agit du curvomètre, acheté par la préfecture sur proposition de la gendarmerie dans le cadre des crédits de sécurité routière.

45km/h pour un 50 cm3
 Le curvomètre est une sorte de home-trainer, comme pour l’entraînement des cyclistes, relié à un appareil permettant de connaître instantanément la vitesse de l’engin lorsque la poignée d’accélération est tournée au maximum.

« Cet appareil nous permet de tester la vitesse maximum des deux roues et vérifier s’ils n’ont pas été débridés, explique le commandant Dauboeuf, le chef de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR). « Il s’agit en fait d’un petit banc d’essai portatif. Son rôle est de déterminer, en statique, la vitesse maximale pouvant être atteinte par les deux-roues qui se présentent à nous et que nous contrôlons systématiquement.»,

La vitesse maximale d’un 50 cm3 ne doit pas dépasser le seuil des 45 km/h. « Nous avons un seuil de tolérance, assure malgré tout le commandant de l'EDSR. Jusqu’à 63 km/h, nous restons dans une démarche préventive, en nous contentant d’informer le pilote du deux-roues. Mais au-delà de ce seuil, c’est l’amende assurée. Jusqu’à 80 km/h, nous verbalisons automatiquement le contrevenant et saisissons la carte grise jusqu’à la remise en état obligatoire de l’engin. »

À partir de 81 km/h, c’est la mise en fourrière immédiate du deux-roues. Et l’obligation pour son pilote de trouver un autre moyen de locomotion pour poursuivre sa route. »

 

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Prévenir les accidents, sanctionner les « débrideurs »

« Au-delà de la sanction, nous recherchons un effet préventif, confie le commandant Dauboeuf, et surtout une prise de conscience, qui doit aussi toucher les parents et l’encadrement familial de ces jeunes, qui prennent parfois des risques au guidon de leur engin. Un blessé ou un tué sur la route est toujours trop souvent un drame humain et familial. Ce n’est pas une fatalité. »

Si la sanction, en dehors de la saisie de l’engin, est faible, elle est beaucoup plus sévère à l’encontre des concessionnaires qui débrident les moteurs. Selon l’article L 317-5 du code de la route le débridage ou la vente d’un cyclo modifié entraîne un amende de 30 000 € et un emprisonnement de deux ans.